Je te propose un jeu de mots croisés autour des héros des animés des années 80. Un prétexte ludique pour replonger dans les souvenirs d’enfance… et voir ce qui remonte, presque sans effort.
Parce qu’il suffit parfois de quelques définitions, d’une grille et d’un crayon pour que la mémoire se remette en marche. Un prénom revient, puis un autre. Et avec eux, des images, des voix, des génériques.
Ce type de jeu fait partie de ces activités pédagogiques ludiques qui donnent envie de chercher, sans même s’en rendre compte.
🧩 Le jeu : retrouve les héros des animés de notre enfance
Le principe est simple : retrouver les prénoms des héros d’animés des années 80, en horizontal et en vertical.
👉 Tu peux jouer :
seul·e,
à deux,
en famille,
ou même entre collègues, pour comparer les souvenirs.
Prends le temps. Ici, il n’y a ni chrono, ni note.
Alors… combien de réponses as-tu trouvées sans aide ?
C’est souvent à ce moment-là qu’on se rend compte que la mémoire fonctionne très bien… surtout quand elle est sollicitée de façon ludique. Je te laisse la correction à la fin de l’article.
Derrière ce jeu, une intention que j’aime beaucoup
Ce jeu de mots croisés est aussi un exemple de ce qu’on peut faire en formation ludique, avec des outils pédagogiques simples, pour :
apprendre avec plaisir,
évaluer sans ennuyer,
sortir du réflexe du tout-QCM.
Ici, on joue. Mais en jouant, on mobilise la mémoire, on fait des liens, on vérifie ce qui est déjà là.
Envie de créer ce type de jeu pour évaluer autrement ?
Si tu te demandes comment transformer ce type d’idée en outil d’évaluation, je te donne rendez-vous dans la masterclass :
Évaluer autrement grâce au ludique Outils, méthodes et activités clés en main
C’est une formation pour formateurs et professionnels de la formation qui souhaitent concevoir des expériences d’apprentissage plus engageantes, sans complexifier leurs pratiques.
Aux commandes de ce guide, Ségolène Paris, professeure de Sciences de la Vie et de la Terre en collège.
Elle t’embarque dans une quête ludique pensée comme un parcours progressif, pour apprivoiser le jeu pédagogique et oser (enfin) te lancer en classe, sans pression ni injonction.
En 15 minutes chrono, cette courte vidéo propose une plongée dans les essentiels de la ludopédagogie, sur un ton décalé et enjoué.
L’objectif : mieux comprendre quand, pourquoi et comment utiliser le jeu pour favoriser l’engagement des élèves et donner du sens aux notions travaillées.
À la clé, plusieurs ressources gratuites à découvrir, explorer et réutiliser dans tes pratiques de formation ou d’enseignement.
Si tu n’as pas le temps de l’écouter, ou pas l’équipement sous la main, voici une infographie qui en résume les grandes étapes et les points clés.
Même avec des ressources clés en main, franchir le pas de la ludopédagogie n’est pas toujours simple. Entre les questions de cadre, de posture, de temps ou d’adaptation à son public, l’envie de se lancer peut rapidement laisser place au doute.
C’est dans cette optique que ce bootcamp a été pensé : t’accompagner pas à pas pour transformer une intention en un dispositif concret. Tout au long du parcours, tu conçois un jeu ou une activité ludopédagogique ancrée dans ta réalité de formateur, en lien direct avec tes objectifs, tes contraintes et ton contexte d’intervention.
Si tu as besoin de précisions, si tu hésites sur l’adéquation avec ton projet, ou si tu envisages une internalisation du bootcamp au sein de ta structure, n’hésite pas à me contacter pour en discuter.
Cette situation est loin d’être marginale. Dans le podcast Education : mode d’emploi, le neuroscientifique Steve Masson rappelle une idée centrale : apprendre ne se limite pas à mémoriser.
Apprendre, c’est modifier durablement le cerveau. Mais transférer, c’est réussir à réutiliser ce que l’on a appris dans un contexte différent. Et c’est précisément là que les difficultés apparaissent.
Pourquoi le transfert des connaissances est si difficile
Révélation 1 : le cerveau « géolocalise » chaque apprentissage
Le transfert pose problème non pas parce que les apprenants manquent de volonté ou d’intelligence, mais parce que le cerveau fonctionne d’une manière très spécifique.
Lorsqu’on apprend, des connexions neuronales se créent. Mais ces connexions ne concernent pas uniquement le contenu appris : elles intègrent aussi le contexte dans lequel l’apprentissage a lieu.
Autrement dit, le savoir n’est jamais stocké de façon abstraite ou isolée.
Le cerveau ne stocke pas une connaissance de manière isolée. Il crée des connexions neuronales entre le contenu (le quoi) et le contexte dans lequel il est appris (le où).
Le lieu, l’éclairage, l’intonation, … tout cela fait partie de l’apprentissage initiale.
Ce qui est appris est toujours appris dans un certain contexte. Il existe une relation non voulue […] avec le contexte dans lequel on est.
– Steve Masson
Une étude souvent citée illustre bien ce phénomène : des personnes qui mémorisent une liste de mots sous l’eau s’en souviennent mieux lorsqu’elles sont de nouveau sous l’eau, que sur la terre ferme.
Ce n’est pas un bug.
Révélation 2 : l’espace de travail mental est limité
Le transfert repose fortement sur la mémoire de travail, cet espace mental limité qui permet de :
comprendre la tâche,
identifier l’objectif,
activer les connaissances pertinentes.
Dans une tâche complexe (rédaction, résolution de problème, situation inédite), cette mémoire peut être rapidement saturée. Les connaissances sont bien là… mais inaccessibles sur le moment.
Comment construire le pont ? 3 leviers fondés sur les neurosciences
Pour Steve Masson, le transfert n’est pas une conséquence naturelle de l’apprentissage. C’est une compétence qui se travaille explicitement.
Levier 1. Consolider les connaissances par la récupération en mémoire
Une connaissance fragile se transfère mal.
La récupération en mémoire consiste à faire l’effort de se souvenir sans support : répondre à des questions, expliquer avec ses mots, se tester régulièrement.
Ce travail ne favorise pas seulement la mémorisation. Les recherches montrent qu’il augmente aussi les capacités de transfert.
Levier 2. Entrelacer les apprentissages pour apprendre à choisir
Répéter le même type d’exercice en bloc donne de bons résultats à court terme, mais prépare peu au transfert.
L’entrelacement consiste à alterner différents types de tâches ou de problèmes :
addition puis multiplication,
un type de question puis un autre.
L’apprenant doit alors se demander :
« Qu’est-ce que je dois activer dans cette situation ? »
Il apprend ainsi les conditions d’applicabilité d’un savoir, pas seulement la procédure.
Levier 3. Varier les contextes pour “dé-géolocaliser” le savoir
Un savoir utilisé toujours dans le même cadre reste dépendant de ce cadre.
Varier les contextes d’activation permet progressivement au cerveau de comprendre qu’une connaissance peut être mobilisée ailleurs :
dans des situations scolaires et quotidiennes.
à l’école et à la maison,
à l’oral et à l’écrit,
La maison, par exemple, devient un contexte très différent de la classe, particulièrement intéressant pour favoriser le transfert.
En pratique : comment favoriser le transfert au quotidien
En classe : soulager la mémoire de travail
Un élève peut parfaitement maîtriser une règle (comme l’accord du participe passé) et pourtant faire de nombreuses erreurs en rédaction.
La raison est simple : écrire un texte mobilise simultanément de nombreuses ressources cognitives.
Piste concrète : décomposer la tâche.
Premier jet : se concentrer uniquement sur les idées et le contenu.
Relecture ciblée : vérifier un seul point (accords, ponctuation, orthographe).
Relecture suivante : se focaliser sur un autre aspect.
Chercher à tout faire en même temps est inefficace. Prioriser libère l’accès aux connaissances déjà acquises.
À la maison : aller au-delà de la récitation
Vérifier qu’un enfant “sait sa leçon” est utile, mais insuffisant.
Trois leviers simples peuvent aider :
Récupération en mémoire : poser des questions sans support.
Entrelacement : mélanger les matières pendant les devoirs.
Variation des contextes : relier les apprentissages à des situations du quotidien (courses, pourcentages, graphiques, décisions concrètes).
L’objectif n’est pas de refaire la classe à la maison, mais d’entraîner l’activation des savoirs.
Un principe essentiel : la progression du transfert
Le transfert n’est pas un interrupteur « ON / OFF ».
Il se construit progressivement :
d’abord dans des situations proches de l’apprentissage initial,
puis dans des contextes de plus en plus différents.
Demander un transfert trop éloigné, trop tôt, revient à tester une compétence qui n’a pas encore été construite.
Former au transfert : un enjeu central de l’apprentissage
Savoir, c’est important. Mais savoir utiliser ce que l’on sait, c’est l’objectif réel de l’apprentissage.
Comprendre les mécanismes du transfert change le regard porté sur les difficultés :
ce n’est pas un manque de capacité,
mais souvent un problème de consolidation, de contexte ou de charge cognitive.
Former au transfert, c’est créer les conditions pour que les connaissances deviennent réellement mobilisables — aujourd’hui, et surtout demain.