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Par exemple, ouvrir ton trésor en décodant la mélodie qui ouvre le coffre.
De quoi pimenter ton parcours pédagogique en intégrant un défi comme activité pédagogique ludique.
Quand un article de Gus&Co m’engage dans une séance de musculation du cerveau, je sais que je ne vais pas juste survoler le sujet. Son titre est explicite : « Pour votre cerveau, poussez de la fonte (et du pion) ». Derrière cette accroche, un relais d’un article plus fondamental encore, signé par Joanna Fong-Isariyawongse, professeure de neurologie, publié dans The Conversation .
Ces travaux s’inscrivent dans le champ de la neuroéducation, qui étudie les liens entre le fonctionnement du cerveau et les conditions d’apprentissage.
Le message central est clair : le cerveau n’est pas figé. Et contrairement à certaines croyances bien ancrées, la routine ne le renforce pas. Elle le maintient tout au plus en fonctionnement automatique.
Le cerveau n’est pas figé : une croyance qui ne tient plus
Pendant longtemps, on a pensé que la plasticité cérébrale était réservée à l’enfance. Les recherches actuelles montrent l’inverse : le cerveau adulte continue de se remodeler tout au long de la vie, à condition d’être sollicité de la bonne manière .
Comme un muscle, il répond à trois leviers fondamentaux :
le défi (l’entraînement),
le repos (la récupération),
le mouvement (la nutrition au sens large).
C’est précisément cette analogie que développe l’article source : soulever toujours le même poids finit par ne plus produire d’effet. Pour le cerveau, c’est exactement pareil.
1. L’entraînement : le défi de la nouveauté
La nouveauté force le cerveau à s’adapter. Apprendre une nouvelle compétence, changer de stratégie, explorer un terrain inconnu… tout cela crée de nouvelles connexions neuronales.
Les études citées montrent que :
répéter une routine entretient l’existant,
le défi cognitif, lui, construit.
Apprendre une langue, une danse, un instrument, ou même changer volontairement ses habitudes quotidiennes sollicite l’attention, la mémoire et la résolution de problèmes. C’est dans cette zone d’inconfort léger que la neuroplasticité s’exprime pleinement .
2. La récupération : le repos comme condition de l’apprentissage
C’est souvent l’étape qu’on oublie.
La fatigue neuronale n’est pas qu’une sensation subjective. Les données en imagerie cérébrale montrent qu’un cerveau sursollicité ralentit, commet plus d’erreurs et devient plus impulsif .
Le sommeil joue ici un rôle central :
il permet l’élimination des déchets métaboliques,
il restaure les ressources énergétiques,
il consolide les apprentissages, notamment pendant le sommeil paradoxal.
Sans repos, il n’y a pas de progression. Exactement comme en musculation.
3. Bouger pour nourrir le cerveau
Troisième levier, souvent réduit à un bonus : l’activité physique.
Or, l’exercice augmente la production de BDNF (brain-derived neurotrophic factor), une protéine qui favorise la croissance et la consolidation des connexions neuronales . Il améliore aussi la circulation sanguine cérébrale et réduit l’inflammation.
Autrement dit : bouger nourrit littéralement le cerveau.
Ce que cet article bouscule vraiment
Ce que je trouve le plus marquant, ce n’est pas tant la métaphore du muscle — déjà connue — que ce qu’elle implique concrètement :
la routine rassure, mais elle n’entraîne pas ;
l’inconfort modéré est un signal d’apprentissage, pas un problème ;
le repos et le mouvement ne sont pas des options, mais des conditions.
À mon avis, il y a au moins deux leviers qu’on oublie souvent dans nos pratiques de formation et d’apprentissage : le repos… et le corps.
Tu ne crois pas ?
Et maintenant ?
Cette infographie synthétise ce que j’ai retenu de l’article : le cerveau progresse moins par la routine que par un équilibre entre nouveauté (défi), repos (récupération) et mouvement (activité physique). Trois leviers complémentaires, faciles à lire… et parfois plus difficiles à appliquer au quotidien.
En pratique : faire des pauses qui soutiennent l’apprentissage
Après une activité qui sollicite fortement l’attention ou la réflexion, le cerveau a besoin de récupération. Mais en formation, la pause ne peut pas être une sieste : elle doit soutenir l’apprentissage sans casser la dynamique.
Des pauses courtes et ciblées permettent de :
relancer l’attention,
limiter la fatigue cognitive,
consolider ce qui vient d’être appris.
En pratique, il s’agit de choisir la bonne pause au bon moment : pause cognitive pour se recentrer, pause énergétique pour réguler l’énergie du groupe, ou pause créative pour relâcher la pression tout en laissant le cerveau continuer son travail en arrière-plan.
👉 Pour passer de l’intention à l’action, j’ai créé des pauses prêtes à l’emploi. De quoi transformer un temps souvent sous-estimé en levier actif d’apprentissage, sans ralentir la formation.
Tu as sûrement déjà vécu cette situation : lumières tamisées, projecteur allumé, une longue succession de slides… et une énergie qui s’éteint peu à peu dans la salle. Ce que Thiagi appelle la Mort par Powerpoint n’est pas une caricature, mais une réalité encore fréquente en formation.
C’est précisément ce modèle que Thiagi remet en question depuis des décennies. Il se définit lui-même comme un savant fou de l’apprentissage : quelqu’un qui traite les sujets sérieux avec légèreté, et les jeux avec un immense sérieux.
Son ambition n’est pas d’expliquer mieux, mais de faire vivre des expériences d’apprentissage.
Dans une conférence donnée à l’Université de Namur en 2020, Thiagi présente les grands principes de la ludopédagogie, illustrés par de nombreux exemples concrets.
Avant d’entrer dans le détail, je te propose une vue d’ensemble. Dans sa conférence à l’Université de Namur, Sivasailam Thiagarajan partage six conseils clés pour concevoir des jeux pédagogiques efficaces et engageants.
L’infographie ci-dessous en propose une lecture synthétique. Elle ne remplace pas l’expérience du jeu, mais elle permet de visualiser rapidement les grands principes qui structurent sa démarche.
Dans la suite de l’article, je reviens sur chacun de ces conseils pour les mettre en perspective, les relier à ma pratique de la formation d’adultes, et montrer comment ils peuvent s’incarner concrètement sur le terrain.
La règle des 4 minutes : engager avant d’expliquer
L’un des principes les plus marquants de Thiagi est simple, mais exigeant : si les participants ne sont pas en train d’agir dans les quatre premières minutes, la formation a déjà pris un mauvais départ.
Pour lui, trop expliquer avant de commencer tue le jeu. L’action immédiate permet de :
réduire la peur de se tromper,
contourner la résistance intellectuelle,
installer un engagement naturel.
Tu n’as pas besoin de tout dire. Au contraire, laisser des zones d’incertitude nourrit la curiosité et donne envie d’aller plus loin.
Le mythe du budget : un jeu pédagogique peut coûter… presque rien
On associe parfois la formation ludique à des outils sophistiqués ou à des dispositifs coûteux. Thiagi défend une vision radicalement différente : un bon jeu pédagogique est simple, frugal et accessible.
Il travaille avec :
des feuilles de papier,
des doigts pour voter ou compter,
des objets trouvés sur place,
des dés ordinaires.
Ce minimalisme recentre l’attention sur l’essentiel : la structure de l’activité et la qualité des interactions, pas le matériel.
Jouer pour apprendre, pas juste pour “mettre de l’ambiance”
Ici, Thiagi pose une limite claire. Le jeu n’est pas là pour divertir à tout prix. Un jeu pédagogique efficace répond à quatre critères fondamentaux :
Factice : le jeu crée un cadre sécurisé, distinct de la réalité.
Contrôlé : des règles structurent volontairement l’action.
Clôturé : le jeu a une fin, un moment de conclusion.
Imprévisibilité : un ingrédient essentiel pour maintenir l’intérêt et l’engagement.
Si le jeu ne sert pas directement l’objectif d’apprentissage, il devient accessoire. La ludopédagogie, dans cette approche, reste au service du contenu, jamais l’inverse.
S’adapter à son public : mots, cadres… et règles
En formation professionnelle, le mot jeu peut parfois bloquer. Thiagi contourne cet obstacle par ce qu’il appelle le camouflage sémantique. Le même dispositif peut être présenté comme :
une technique d’aide à la décision,
une méthode d’analyse collective,
un système de simulation.
Le fond ne change pas, seul le cadre rassure.
Autre principe clé : les règles ne sont pas figées. Si l’énergie baisse ou si le groupe évolue, tu peux ajuster les règles en cours de route. Cette souplesse maintient l’attention et soutient l’engagement.
Équilibrer l’individu et le groupe
Thiagi rappelle qu’un jeu pédagogique efficace repose sur une double attention : le facilitateur observe à la fois les participants individuellement et la dynamique du groupe.
Il n’existe pas de règle universelle. Selon les situations, il peut être nécessaire de :
répondre au besoin spécifique d’un participant, même si cela ralentit momentanément le groupe ;
ou, au contraire, de laisser de côté une demande individuelle pour permettre au collectif d’avancer.
L’enjeu n’est pas de traiter tout le monde de la même manière, mais de maximiser l’utilité pédagogique de la session.
Thiagi insiste aussi sur l’inclusion des tempéraments. Un bon jeu doit pouvoir convenir aux introvertis comme aux extravertis, en proposant des formes de participation variées : observer, réfléchir, agir, s’exprimer.
C’est cette capacité d’ajustement, au service du groupe et des individus, qui fait la solidité d’un jeu pédagogique.
Le « Game Game » : improviser pour mieux apprendre
Thiagi affirme ne jamais animer deux fois un jeu de la même manière. Cette logique d’improvisation repose sur une idée forte : le jeu est un cadre vivant, pas un protocole rigide.
Dans certains exemples, il crée des situations narratives à partir de simples dés pour travailler l’expression orale. L’enjeu n’est pas la perfection linguistique, mais la confiance, le rythme et l’aisance.
Le jeu devient alors un moyen puissant de désamorcer la peur de l’erreur, très présente chez les apprenants adultes.
Les jeux-cadres de Thiagi : le socle de ma pratique en formation d’adultes
Si cette approche me parle autant, c’est aussi parce que je suis une grande fan des jeux-cadres de Thiagi. Ce sont eux qui ont profondément structuré ma manière de concevoir et d’animer des formations pour adultes.
Les jeux-cadres ont cette force particulière : ils ne transmettent pas un contenu clé en main, ils créent un cadre dans lequel l’intelligence collective peut émerger. Ce sont des structures simples, adaptables, qui permettent aux participants de réfléchir ensemble, de confronter leurs points de vue, de tester des hypothèses et de construire du sens à plusieurs.
Dans cette logique, le rôle du formateur change profondément. Il ne s’agit plus d’occuper l’espace par le savoir, mais d’adopter une posture de facilitation de l’apprentissage :
poser un cadre clair,
lancer la dynamique,
observer,
ajuster,
puis aider le groupe à mettre des mots sur ce qui a été vécu.
C’est aujourd’hui ma méthode clé en formation d’adultes. Les jeux-cadres me permettent de travailler aussi bien des sujets complexes que des compétences transversales, tout en valorisant l’expérience, les savoirs et les questionnements des participants. Le jeu devient alors un véritable outil de pensée collective, au service des apprentissages.
Si cette approche te parle et que tu as envie d’aller plus loin, j’ai détaillé la méthode de Thiagi dans un article publié dans ma revue LudiLundi.
Le titre — laisser les fous gérer l’asile — est une phrase que Thiagi aime à prononcer lors de ses interventions. Elle traduit une idée clé de la posture : accepter une part de désordre apparent pour permettre l’émergence de véritables apprentissages.
Il complète la vidéo présentée plus haut en apportant une grille de lecture structurée et des repères concrets pour intégrer la ludopédagogie dans des contextes de formation variés.
Conclusion – Oser faire un pas de côté
La ludopédagogie selon Thiagi n’est pas une recette clé en main. Elle invite plutôt à changer de posture : passer du contrôle à la facilitation, de l’explication à l’expérimentation, du plan figé à l’adaptation continue.
En plaçant l’action avant le discours et l’objectif pédagogique avant le simple plaisir de jouer, le jeu retrouve sa fonction première : permettre aux apprenants d’essayer, de se tromper, d’ajuster… et d’apprendre réellement.
J’ai découvert Pedagogik presque par hasard. La promesse du site m’a immédiatement interpellée : proposer des outils pédagogiques gratuits, accessibles et pensés pour faciliter l’apprentissage. En parcourant les ressources, j’ai surtout retrouvé une approche très proche de ce que j’expérimente depuis plusieurs années sur le terrain.
Quand le jeu soutient réellement les apprentissages
Mon intérêt pour ce type de supports s’inscrit dans un contexte précis. Lors du premier confinement, ma fille était en grande section de maternelle. Pour qu’elle conserve le goût d’apprendre, j’ai commencé à lui fabriquer des activités à manipuler : jeux d’association, supports à déplacer, cartes à recomposer. Cette expérimentation a fortement nourri ma posture de ludopédagogue.
L’effet a été très clair : elle en redemandait. Le jeu rendait l’activité acceptable, engageante, et surtout compréhensible. C’est exactement ce que je retrouve dans l’approche de Pedagogik.
Les supports proposés s’appuient sur la facilitation de l’apprentissage : consignes lisibles, formats visuels, manipulation au cœur de l’activité. Le jeu n’est pas décoratif, il structure l’expérience d’apprentissage.
Des outils pédagogiques gratuits, concrets et bien pensés
Le site Pedagogik se distingue aussi par la diversité et la clarté de ses ressources. Les outils sont classés par trouble (dyslexie, TDA, dyscalculie…), par matière et par niveau scolaire, ce qui permet de trouver rapidement un support adapté à une situation donnée.
Parmi les ressources qui illustrent bien cette approche.
Des synthèses thématiques, simples et visuels, pour travailler la concentration sans surcharge telle que cette
Ces formats courts, épurés et souvent à compléter soi-même sont faciles à intégrer, que ce soit à la maison, en classe ou en formation.
Une pédagogie ludique qui fonctionne pour tous
Ce que j’observe, et que Pedagogik illustre très bien, c’est que ce type de jeu ne fonctionne pas uniquement pour des apprenants présentant des troubles. La pédagogie ludique et active bénéficie à tous : elle réduit la pression, favorise l’engagement et installe une relation plus sereine à l’apprentissage.
Pedagogik met à disposition des outils pédagogiques gratuits solides, adaptables et respectueux des rythmes d’apprentissage. Ce sont des ressources que l’on peut utiliser telles quelles ou comme base pour créer ses propres supports, dans une logique d’expérimentation et d’ajustement.
C’est précisément pour cela que ce site mérite d’être connu : il propose des outils simples, mais pensés avec justesse, qui rappellent une chose essentielle : quand l’apprentissage passe par le plaisir et l’action, l’envie d’apprendre suit naturellement.
Je te propose un jeu de mots croisés autour des héros des animés des années 80. Un prétexte ludique pour replonger dans les souvenirs d’enfance… et voir ce qui remonte, presque sans effort.
Parce qu’il suffit parfois de quelques définitions, d’une grille et d’un crayon pour que la mémoire se remette en marche. Un prénom revient, puis un autre. Et avec eux, des images, des voix, des génériques.
Ce type de jeu fait partie de ces activités pédagogiques ludiques qui donnent envie de chercher, sans même s’en rendre compte.
🧩 Le jeu : retrouve les héros des animés de notre enfance
Le principe est simple : retrouver les prénoms des héros d’animés des années 80, en horizontal et en vertical.
👉 Tu peux jouer :
seul·e,
à deux,
en famille,
ou même entre collègues, pour comparer les souvenirs.
Prends le temps. Ici, il n’y a ni chrono, ni note.
Alors… combien de réponses as-tu trouvées sans aide ?
C’est souvent à ce moment-là qu’on se rend compte que la mémoire fonctionne très bien… surtout quand elle est sollicitée de façon ludique. Je te laisse la correction à la fin de l’article.
Derrière ce jeu, une intention que j’aime beaucoup
Ce jeu de mots croisés est aussi un exemple de ce qu’on peut faire en formation ludique, avec des outils pédagogiques simples, pour :
apprendre avec plaisir,
évaluer sans ennuyer,
sortir du réflexe du tout-QCM.
Ici, on joue. Mais en jouant, on mobilise la mémoire, on fait des liens, on vérifie ce qui est déjà là.
Envie de créer ce type de jeu pour évaluer autrement ?
Si tu te demandes comment transformer ce type d’idée en outil d’évaluation, je te donne rendez-vous dans la masterclass :
Évaluer autrement grâce au ludique Outils, méthodes et activités clés en main
C’est une formation pour formateurs et professionnels de la formation qui souhaitent concevoir des expériences d’apprentissage plus engageantes, sans complexifier leurs pratiques.